|
|
|||
|
|
|
|
![]() |
|
|
Victor
Hugo
|
Tout d'abord
je tiens a signaler un ouvrage superbe de Anne LASSERRE-VERGNE "Les Pyrénées
Centrales dans la Littérature Française" aux édition
Eché qui a servi à la redaction de ce mémo.
A la fin du
XVIIIe,
les vertus et les propriétés des eaux pyrénéennes
ne sont plus a prouver. Des stations thermales telles que Bagnéres
de Bigorre, Baréges, Cauteret... se développent et leurs
renommées s'étendent. On vient donc principalement pour
se soigner mais aussi pour s'y réfugier comme Ramond qui fait figure
d'exception en sortant des sentiers reconnus auxquels se limitent la plupart.
Il est des lieux qu'on se doit de visiter (les choses n'ont guére
changé) : le Cirque de Gavarnie et le Lac de Gaube en tête.La
connaissance qu' aristocrates et artistes ont des Pyrénées
avant 1820 se limitent donc surtout à ces lieux, en fond de vallée.
Le mouvement Pyrénésite explorera les sommets et les zones
isolées avec une approche scientifique..Les artistes en général
qu'ils fussent peintres ou écrivains tentent de décrire
ces paysages magnifiques sans y parvenir réellement ce qui expliquent
qu'ils usent d'images telles que l'Arcadie, l'Elysée... Souvent
divines celles-ci se mèlent avec les grandes figures Homériques.
La vision des Pyrénées qu'ont les écrivains est alors
teintée d'un grand romantisme.En outre, comme le décor montagnard
favorise la méditation, les sujets les plus divers sont parfois
abordés dans les récits de voyage. Dusaulx évoque,
au coeur des Pyrénées, la révolution de 1789 ; Ramond
s'intérroge sur la société, l'économie pastorale
; le philosophe Azaïs sur l'amour, le bonheur, la souffrance, la
propriété...Si les reflexions de tous ordres abondent, les
habitants du lieu n'y ont aucune part et Ramond est le seul à s'interesser
aux Pyrénéens et n'oublie pas l'extréme pauvreté
de ces populations. Ceux-ci ne partagent pas ce romantisme ; les montagnes
sont dangereuses et abritent diables ou serpents monstreux.Il faut croire
que l'on s'habitue au Beau et il a fallu que des "étrangers" viennent
pour le déceler et tenter de la faire partager. Dans les écrits
comme dans les représentations picturales, la description de l'habitant
est toujours empreinte de ce bonheur champêtre, de cette vie saine
tellement éloignée de la corruption des cités. Il
est interessant de noter cette constance dans l'approche de la montagne.Il
faut attendre 1820 pour que les Pyrénées soient réellement
à la mode. D'autres artistes viendront, attirés peut-être
par les textes de Bertin, Dussaulx ou Ramond. Ce dernier prédit
l'éssor du Pyrénéisme. Celui-ci tardera a se développer
et entretemps Fénelon, Rousseau, Baudelaire, Flaubert, talleyrand,
Delécluze, Chateaubriand, Lamartine... imposeront un imaginaire
aux Pyrénées. Jubinal, de récine Bigourdane, décrit
par ex. la cité thermale de Bagnères de Bigorre de cette
façon : "C'est une grande maison de plaisance ayant l'Europe pour
locataire, Esculape pour pretexte, le plaisir pour but ; c'est Paris en
diminutif aux pieds des Pyrénées". Il est point étonnant
alors que certains romans prennent pour décor ces villes comme
"Lavinia" de G. Sand.En littérature comme en peinture, les Pyrénées
sont le reflet de la vision qu'en ont alors ces touristes : quelques pics
mais surtout le Cirque de Gavarnie et le Lac de Gaube. Ce dernier devient
même un lieu de pélerinage après la noyade d'un couple
d'Anglais : les Pattison. Décrits maintes fois, cet accident devient
légendaire. Le tragique se marie bien avec le romantisme.Est-ce
que les Pyrénées Centrales sont mieux connues qu'à
l'époque de Ramond ? Guère plus... La plupart de ces riches
voyageurs aiment se promener dans des chaises à porteurs, ce qui
exclus tout nouvel itinéraire. Certains réussiront quand
même a se faire déplacer jusqu'au Pic du Midi de Bigorre.
On est loin des valeurs des membres de la liste Pyréne !.Toutefois,
une nouvelle mode se fait jour, on aborde les Pyrénées par
une approche plus ou moins scientifique. De simples touristes commencent
a s'adonner à la botanique, la géologoie... se transforment
en montagnards et deviennet les auteurs célèbres que sont
Frossard ou Chausenque. Le mouvement Pyrénéiste se met en
marche. La littérature va s'enrichier d'une quête de l'inconnu
; le récit de voyage devient un style littéraire dominant.Après
1840, nous retrouvons bien évidement des personnages comme Frossard,
Chausenque mais surtout apparaissent les grands noms que sont Henri Russel,
Packe, Schrader, Walon...
|