Accueil > Pyrénéisme > Pyréneistes > Casterets


Norbert CASTERET est le plus contemporain des Pyrénéistes. Spéléologue de renom, il a beaucoup fait pour la connaissance des profondeurs de la chaîne. "Il n'est rien de plus merveilleux au monde que le mystère. Il est à la source de toute science véritable." : Albert EINSTEIN.

Il naquit en 1897 dans un petit village de la Haute-Garonne, situé à moitié chemin de Toulouse et de Bagnères-de-Luchon : Saint-Martory. C'est là qu'il se découvre, à cinq ans, une passion pour le monde souterrain au fond de la grotte de Bacuran.

 

Dans ses mémoires il raconte comment la Garonne, dont il devait découvrir la véritable source à l'âge adulte sur le versant méridional des Pyrénées ( massif de Maladetta ), a exercé une très vive et durable influence sur ses recherches. Le fleuve provenait de là-bas, de ces régions fabuleuses à ses yeux et pénétrait en France par un défilé sauvage et étroit : "le Pas du Loup" ; ses eaux limpides charriant de l'or.

" C'est Alfred de Vigny qui a exprimé, avec une concision et un tour admirables, que parfois Une grande vie est une pensée de jeunesse réalisée par l'âge mûr. Je dirai, aussi modestement que possible, mais avec conviction, que ma carrière a dépendu d'un geste, d'une décision de jeunesse continuée, prolongée durant toute mon existence."

Ses premiers pas en terra incognita, il les fît réellement dans la grotte de Montsaunés. Tel Alex, le neveu du professeur Lidenbrock dans le Voyage au Centre de la Terre, il s'égare sous terre et découvre des crustacés cavernicoles. Aimant aller au fond des choses, il enchaîne par un gouffre, celui de Poudac Gran près du village d'Arbas.

Malheureusement, la "grande" guerre interrompt ses activités et il rejoint le même régiment que son frère Jean en 1915, à l'âge de 18 ans. Démobilisé, il reprend ses activités sportives qui furent éclectiques : footballeur de l'équipe première du Stade Toulousain, champion des Pyrénées en saut à la perche et 100 mètres haies, champion de plongeon, de saut à ski, aviron... Bref c'était une belle nature.

En 1923, il découvre les plus vielles statues du monde, modelées en argile, dans la grotte de Montespan. En 1924, c'est l'amour qui trouve : il épouse Elisabeth. "Elle n'avait jamais jusqu'alors pénétré dans une grotte, mais elle était excellente alpiniste et avait gravi déjà nombre de cimes Pyrénéennes dans le massif de Bagnères-de-Luchon. Pour ma part je n'avais jamais fait d'ascensions, mais-comme on sait-j'étais fanatique des cavernes. Cette contradiction flagrante ne comportait toutefois aucune incompatibilité. La solution, l'idéal eût été que je cherche des grottes et des gouffres en haute montagne et que ma femme les explorât avec moi, en m'initiant à l'alpinisme. Les dieux aidant, ce fut précisément ce qui arriva".

Le 25 juin 1926 une petite caravane quittait le village de Gavarnie, perché à 1370 mètres d'altitude, et cheminait sur le sentier, long de cinq kilomètres, qui relie le village au célèbre cirque. La cordée était composée d'Elisabeth, de Norbert et de son frère Martial ainsi que leurs mère ; l'objectif : l'ascension du Mont Perdu et, accessoirement, la recherche de grottes ou de gouffres, toujours possibles dans un massif exclusivement calcaire. "Les promeneurs avec lesquels on a cheminé de conserve depuis le village sont en droit de se demander s'il est bien utile de porter des chaussures spéciales, des sacs rebondis et des piolets pour visiter le cirque de Gavarnie. Nous allons escalader les paroisdu cirque par les échelles de Sarradets". Pris dans une tempête et transis par la neige qui tombe, ils se réfugient versant espagnol dans une minuscule grotte baptisée "Villa Gaurier", du nom du glaciologue qui la découvrit en 1906 et en référence avec la fameuse Villa de Russel. Dans ses mémoires, Casteret nous rappelle que six skieurs toulousains y passèrent six nuits en hiver 1923, bloqués par le mauvais temps, (sans que la presse ne se déchaîne).

Le lendemain, depuis le col des Isards, Casteret repère quelque chose qui ressemble à un porche de caverne. Évidement, il s'y rend pour vérifier et découvre effectivement un porche d'environ trente mètres de large qui permet l'accès à un décor parmi les plus étranges et les plus rares : un lac glacé et, au-delà, venait des entrailles de la montagne, un fleuve de glace horizontal, de vingt à trente mètres de large. mal équipé, le groupe poursuivra vers le Mont-Perdu mais Norbert Casteret et son épouse reviendront un mois plus tard pour effectuer l'exploration et la traversée de cette grotte. A cette occasion, il découvrira également les grottes du Marboré qu'il reviendra visiter en juillet 1950 et qu'il appellera les Grottes des Isards.

La découverte de la grotte glacée de Gavarnie, la plus haute connue, eut un certain retentissement dans la presse, mais surtout dans le monde des alpinistes. Le comité scientifique du Club Alpin Français, vivement intéressé, attacha le nom de son inventeur à cette extraordinaire caverne qui devint la Grotte Glacée Casteret.

De nombreuses autres réalisations viennent étoffer cette prestigieuse destinée comme le gouffre d'Esparros ainsi que l'exploration du célèbre gouffre de la Pierre Saint-Martin aux cotés de Marcel Loubens (qui devait y trouver la mort), Haroun Tazieff, Lépineux, Cosyns...

" L'homme dissipe les ténèbres, il explore jusqu'aux lieux les plus reculés de l'Abîme : Job, chapitre 28"
Liste de discussion, liens, charte... Accueil du site.. Littérature, chants, photos, peinture... Les Pyrénéistes, les grandes dates, le monde minéral et vivant... Flore, Faune, Randos, Patrimoine...